Alimentation

Une alimentation hypocalorique pour maigrir ! Vraiment ?

Qui n’a jamais entendu ce slogan : Mangez moins, bougez plus ? On nous le sert Ă  toutes les sauces comme Ă©tant LA solution pour perdre du poids ou du moins ne pas en prendre. Alors Ă©tudions la question : Pouvons-nous rĂ©ellement perdre du poids avec une alimentation hypocalorique ?

Avoir une alimentation hypocalorique pour perdre du poids ! Vraiment ?

Mangez moins (alimentation hypocalorique) et vous perdrez du poids

Un constat peu réjouissant

Comme toutes les personnes en surpoids, j’ai passĂ© une grande partie de ma vie Ă  suivre le conseil suivant : manger moins.

AprĂšs tout c’est la clĂ© pour maigrir, n’est-ce pas ?

J’ai eu parfois du succĂšs en perdant tous mes kilos superflus. Et j’ai Ă©chouĂ© Ă  d’autres moments, n’arrivant mĂȘme pas Ă  perdre 500 g malgrĂ© une restriction alimentaire constante.

Mais j’ai continuĂ© Ă  lutter. A lutter contre mon appĂ©tit et mon envie irrĂ©sistible de me mettre quelque chose sous la dent.

Pour certains, ce combat dĂ©bute dĂšs l’enfance, comme moi.

Pour d’autres, il commence lorsqu’ils quittent la maison familiale pour suivre leur propre chemin. Ils voient alors leur corps changer au fur et à mesure que leur silhouette s’arrondit.

Pour d’autres encore, arrivĂ©s Ă  la trentaine ou la quarantaine, ils se rendent compte qu’il est beaucoup plus difficile pour eux de rester mince dĂ©sormais.

Les recommandations des instituts de la santé publique

Lorsque nous sommes en surpoids et que nous nous rendons chez le médecin, celui-ci nous invite fortement à perdre du poids ou du moins à ne pas en prendre davantage.

Le médecin nous explique que notre surcharge pondérale augmente le risque de nombreuses maladies telles que : les maladies cardio-vasculaire, les AVC, le diabÚte évidemment, mais aussi les cancers et la démence !

Pas trĂšs sĂ©duisant tout cela, n’est-ce pas ?

Il nous invite donc Ă  suivre un rĂ©gime hypocalorique ou du moins Ă  limiter les quantitĂ©s de ce que l’on mange et bien sĂ»r d’avoir une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre.

Comme nous le rĂ©pĂštent sans cesse les autoritĂ©s sanitaires : nous prenons du poids parce que nous mangeons trop et/ou bougeons trop peu. Et qu’il suffit de faire le contraire pour mincir.

Donc nous essayons de suivre la prescription du mĂ©decin. Nous mangeons moins et on espĂšre que l’on maigrira ou que du moins, nous arrĂȘterons de prendre du poids.

Tout est une question de calories

La nourriture est source d’énergie. C’est cette Ă©nergie qui permet Ă  notre corps de fonctionner. Et nous mesurons cette Ă©nergie sous forme de calories.

Selon l’Organisation mondiale de la santĂ©, la cause fondamentale de l’obĂ©sitĂ© et du surpoids est un dĂ©sĂ©quilibre Ă©nergĂ©tique entre les calories consommĂ©es et les calories dĂ©pensĂ©es.

Cela veut dire que si nous absorbons davantage de calories que nous en dépensons. Nous grossissons. Alors que si nous consommons moins de calories, nous perdons du poids.

Cela paraĂźt d’une logique imparable. D’ailleurs cette vision est si largement rĂ©pandue de nos jours qu’il est quasiment impossible de ne pas y croire.

Pourtant, si vous avez tentĂ© de faire un rĂ©gime avec une alimentation hypocalorique basĂ©e sur ce principe et que vous n’avez pas rĂ©ussi Ă  perdre du poids durablement, vous ĂȘtes la preuve vivante que cela ne fonctionne pas et nous subissons le fameux effet yoyo.

Quel que soit le temps et la volontĂ© passĂ©s au cours de notre vie Ă  essayer, sans succĂšs, de manger moins et de bouger plus, pour perdre du poids, nous nous mettons Ă  douter de nous-mĂȘme.

“C’est de ma faute si je n’arrive pas Ă  perdre de poids! Je n’arrive pas Ă  tenir sur la durĂ©e. Je mange trop. Je ne bouge pas assez. Je n’ai pas assez de volontĂ©!”

Vous vous reconnaissez dans ces paroles ?

Malgré nos multiples expériences échouées, nous ne remettons jamais en cause la croyance selon laquelle nos kilos en trop sont dûs au nombre de calories que nous consommons et ne dépensons pas.

Nous ne suivons pas les recommandations, vraiment ?

Mais alors, comment se fait-il que conscient du fait que nous devons faire attention au nombre de calories que nous consommons, les humains grossissent de plus en plus ?

Aujourd’hui les enfants sont plus gros, les adolescents aussi et mĂȘme les nouveau-nĂ©s sortent plus gros qu’avant du ventre de leur mĂšre.

Pourtant, depuis des décennies le modÚle de la dépense énergétique Bougeons plus et mangeons moins, a régné en maßtre.

Quelle a été la réaction des autorités sanitaires ?

Elles se sont dit que soit nous n’avons pas Ă©coutĂ© leurs belles recommandations, soit nous n’avons tout simplement pas fait ce qu’il fallait.

Gary Taubes, journaliste américain, résume leur vision ainsi :

Si nous ne sommes pas des gloutons, nous sommes forcĂ©ment coupables de paresse. Et si nous ne sommes pas paresseux, c’est que nous nous adonnons au pĂ©chĂ© de la gourmandise.

Gary Taubes, Pourquoi on grossit

Il semblerait que le problĂšme soit ailleurs

Pourtant, croyez-moi, je me suis donnĂ©e du mal pour suivre ces recommandations Ă  la lettre. Je me suis mise au sport de maniĂšre intensive, je me suis affamĂ©e. J’ai certes perdu du poids mais aussi toute ma vitalitĂ©. Pour, au final, reprendre tout le poids perdu et quelques kilos de plus au passage, lorsque je n’ai plus pu tenir cette restriction alimentaire.

Cet idĂ©al d’équilibre entre l’apport et les dĂ©penses caloriques, je le sais aujourd’hui, est totalement absurde.

Nous ne grossissons pas parce que nous mangeons trop ou ne bougeons pas assez. Et ce n’est pas en faisant l’inverse que nous rĂ©ussirons Ă  perdre du poids durablement.

Les recommandations basĂ©es sur l’équilibre calorique ne vont pas rĂ©soudre nos problĂšmes de poids. Tant que nous n’aurons pas compris cela et changĂ© notre façon d’agir, nos tentatives de perte de poids seront vouĂ©es Ă  l’échec.

Comme le disait si bien Albert Einstein :

La folie, c’est se comporter de la mĂȘme maniĂšre et s’attendre Ă  un rĂ©sultat diffĂ©rent.

Albert Einstein

J’adore cette citation, elle est tellement juste !

Comment pouvons-nous croire qu’en agissant toujours de la mĂȘme façon, qu’en rĂ©pĂ©tant toujours le mĂȘme systĂšme, qu’en testant toujours plus de rĂ©gimes restrictifs en calories, on finira finalement par y arriver ? Qu’on finira par ĂȘtre assez volontaire pour tenir ce rĂ©gime tout au long de notre vie ?

Est-ce vraiment la vie que vous souhaitez ? Personnellement, j’en ai eu assez d’avoir faim tout le temps. D’ĂȘtre obsĂ©dĂ©e par la nourriture et d’ĂȘtre focalisĂ©e sur ce que je mettais dans mon assiette.

Les trùs subtils bienfaits d’une alimentation hypocalorique

Mais vérifions cela.

La Women’s Health Initiative (WHI), est une Ă©tude nationale Ă  long terme sur la santĂ© qui se concentre sur les stratĂ©gies de prĂ©vention des maladies cardio-vasculaires ou le cancer, chez les femmes.

Pour cette étude, ils ont fait suivre, à 20 000 femmes, un régime allégé en matiÚre grasse et riche en fruits, en légumes et en fibres.

Les participantes bĂ©nĂ©ficient d’un suivi rĂ©gulier. Une des consĂ©quences de ce suivi, c’est que les femmes se mirent Ă©galement Ă  manger moins.

Les chercheurs observĂšrent qu’elles avaient baissĂ© leur consommation de 360 calories par jour. Soit 20 % de calories en moins que ce que recommande les organismes de santĂ© publique.

AprĂšs 8 annĂ©es de ce rĂ©gime, figurez-vous que les participantes n’ont perdu en moyenne que 1 kg ! Et que leur tour de taille, lui, avait augmentĂ©. SuggĂ©rant que le kilo qu’elles avaient perdu n’était pas de la graisse mais du muscle


Si notre poids était effectivement déterminé par la différence entre les calories et les calories que nous dépensons, ces femmes auraient dû mincir de façon importante.

En effet, en se sous-alimentant de 360 calories par jour, ces femmes en surpoids auraient dû alors perdre environ 1 kg au cours des 3 premiÚres semaines et plus de 15 kg au cours de la premiÚre année.

Les restrictions caloriques et la sous-alimentation ne sont tout bonnement pas efficaces pour perdre du poids.

Une alimentation hypocalorique entraĂźne, au mieux, une perte de poids modeste et temporaire

Selon une analyse effectuĂ© en 2007 Ă  l’universitĂ© de Tutfs, les rĂ©gimes hypocaloriques entraĂźnent, au mieux, des pertes de poids modestes et temporaires et si gĂ©nĂ©ralement, les patients perdent jusqu’à 5 kg au cours des 6 premiers mois, le poids perdu est en grande partie repris au bout d’un an.

Avant 1980, les rĂ©gimes hypocaloriques Ă©taient considĂ©rĂ©s dans la littĂ©rature mĂ©dicale comme des rĂ©gimes de semi-famine soit un semi-jeĂ»ne. Car il demande que nous consommons seulement la moitiĂ© de ce que l’on mange normalement.

Dans le livre Handbook of Obesity, les experts dĂ©clarent que les rĂ©sultats d’une alimentation hypocalorique sont connus pour ĂȘtre faibles et peu durables.

En effet, comment peut-on s’attendre d’une personne qu’elle puisse tenir un semi-jeĂ»ne plusieurs mois durant voire toute sa vie ?

Et pourtant la plupart des régimes sont basés sur une alimentation hypocalorique pour nous faire perdre du poids.

Que faire aprÚs avoir réussi à perdre du poids grùce à une alimentation hypocalorique ?

Si nous parvenons Ă  maigrir en abaissant notre apport calorique Ă  1200 calories par jour, est-il surprenant de reprendre du poids quand on recommence Ă  consommer 2000 calories ?

Il semble Ă©vident que non.

Donc si l’on parvient Ă  perdre nos kilos superflus aprĂšs un rĂ©gime restrictif en calorie, que faire aprĂšs ?

Le seul moyen de parvenir Ă  garder le poids obtenu, est d’adopter ce rĂ©gime comme Ă©tant son nouveau mode d’alimentation et ce, tout au long de notre vie.

Mais comment tenir et se priver de nourriture plus ou moins radicalement sur une si longue période ?

Ce n’est tout simplement pas viable et certainement pas bon pour notre santĂ© autant physique que mentale.

On nous induit en erreur depuis des années !

Si la sous-alimentation ne parvient pas Ă  soigner les problĂšmes de surpoids, comme l’obĂ©sitĂ©, c’est sĂ»rement que celui-ci n’est pas dĂ» Ă  une suralimentation.

Cela ne signifie pas qu’il existe une recette miracle pour perdre du poids qui n’implique pas de faire quelques sacrifices. Mais la question est que faut-il sacrifier au juste ?

Si vous avez aimĂ© l'article, vous ĂȘtes libre de le partager :)

3 commentaires

  • Pascal Quionquion

    “Nous ne grossissons pas parce que nous mangeons trop ou ne bougeons pas assez. Et ce n’est pas en faisans l’inverse que nous rĂ©ussirons Ă  perdre du poids durablement.”, dis-tu et c’est un message Ă  transmettre Ă  nos autoritĂ©s. Elles laissent Ă  penser qu’elles agissent pour lutter contre l’obĂ©sitĂ© alors qu’elles agitent un chiffon pour nous distraire, selon moi.
    Merci pour ton apport intéressant dont je ne manquerai pas de parler.
    D’ailleurs, es-tu partante pour une interview pour mon blog “Heureuxaupresent.com” ? Ce serait gĂ©nial parce que se sentir mieux en tant que corps physique est une aide pour vivre heureux.
    J’attends ton retour,
    Bien Ă  toi, Pascal

    • Murielle

      Malheureusement les recommandations des autoritĂ©s sanitaires ne font qu’empirer la situation de l’obĂ©sitĂ© au lieu de la rĂ©soudre. C’est triste pour ceux qui luttent chaque jour avec leur poids.

      Bien sĂ»r, je serai ravie d’aider les gens Ă  ĂȘtre heureux! Je te remercie pour ta proposition Pascal.

  • Sandy

    Bonjour. Je suis au premier abord surprise de ton article et de ta conviction que les recommandations sanitaires sur l’alimentation nous induisent en erreur.
    Et puis… En y rĂ©flĂ©chissant, c’est depuis que je mange davantage que j’ai perdu 5 kilos.
    Merci pour cet article qui nous permet de poser une rĂ©flexion sur le sport et l’alimentation en tant que vecteur de perte de poids.

Laisser un commentaire

La philosophie de maigrir sans faire de sport

Voulez-vous connaĂźtre  17 habitudes pour perdre du poids sans effort naturellement