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L’activité physique joue-t-elle un rôle dans la perte de poids ?



On nous répète à longueur de temps qu’il faut Mangez moins et Bougez plus si l’on veut perdre du poids. Donc un, nous devrions réduire notre consommation d’aliments et ainsi nos calories. Et augmenter notre dépense calorique par une activité physique. Mais est-ce vraiment une solution efficace pour perdre nos kilos en trop ? Le sport joue-t-il un rôle dans la perte de poids ?

L'activité physique joue-t-elle un rôle dans la perte de poids ?

Étudions la question ! Que se passe-t-il lorsque l’on accroît sa dépense d’énergie en se dépensant davantage physiquement ?


Que se passe-t-il lorsque l’on accroît sa dépense d’énergie en se dépensant davantage physiquement ?



Aujourd’hui, la majorité des gens s’accorde sur le fait que les problèmes de poids sont liés à un mode de vie trop sédentaire et à une mauvaise alimentation.

Le gouvernement et les autorités sanitaires nous recommandent de pratiquer une activité physique régulière comme la seule façon de prévenir la prise de poids et les maladies chroniques, comme le diabète, qui y sont liées.

Il est vrai que le message est plutôt convainquant : Si vous consommez moins de calories (mangez moins) et que vous en dépensez plus (sport) , forcément vous perdrez du poids !

Ça semble d’une logique imparable, n’est-ce pas ?

D’ailleurs, tous les pays développés semblent avoir adopté totalement cette vision. Et la croyance des bienfaits du sport sur notre santé est incontestablement ancrée dans notre culture.

Et il y a de très bonnes raisons à adopter une activité physique régulière puisqu’elle :

  • permet d’améliorer notre condition physique
  • augmente notre espérance de vie
  • réduit les maladies cardio-vasculaire
  • nous procure du bien-être et une immense plaisir à de nombreuses personnes

Mais aujourd’hui, la question n’est pas de savoir si le sport est bon pour notre bien-être et notre santé, mais s’il nous permet oui ou non de perdre du poids ?



L’activité physique peut-elle aider les personnes en surpoids à perdre du poids ?



Il semblerait que la réponse soit non.


Les personnes pauvres sont les premiers touchés par l’obésité.


Des études montrent que, dans les pays développés, plus les personnes sont démunies, plus elles ont de chance d’être grosses.

Pourtant, quand on se penche un peu plus sur la question, on s’aperçoit que ce sont les personnes les plus pauvres qui assument les tâches communément les plus physiques dans la société. Ils sont plus nombreux à travailler dans les usines, sur les chantiers de construction, dans les champs, …

Si les dépenses énergétiques liées à une activité physique suffisait à nous rendre mince et élancé, comment se fait-il que ces personnes soient souvent en surpoids ?


Sommes-nous de plus en plus sédentaires ?


Il y a de plus en plus de personnes en surpoids ou obèses dans le monde. C’est un fait incontestable.

Et l’Organisation Mondiale de la Santé pointe du doigt notre mode de vie de plus en plus sédentaire.

Ce qui est en réalité plutôt ironique quand on constate que l’épidémie d’obésité coïncide étroitement avec un boum des activités sportives.


En 1977, Le New York Times écrit dans un article :

À titre indicatif, considérez ces chiffres: les cyclistes sont passés de 85 millions en 1973 à plus de 100 millions cette année. La randonnée, un sport qui n’existait pratiquement pas pour la plupart des Américains il y a dix ans, compte aujourd’hui 10 millions de passionnés, contre 5 millions en 1974. Il y a 12 millions de golfeurs américains.

Sports à vie: la route vers la forme physique de la famille et juste pour le plaisir, New York Times



Mais si les habitudes sédentaires nous font grossir, et si l’activité physique prévient la prise de poids, l’explosion de l’activité physique n’aurait-elle pas dû déclencher une épidémie de minceur plutôt que de coïncider avec une vague d’obésité ?


Peu de preuves sur l’impact du sport sur la minceur


En fin de compte, il y a bien peu de preuves pour étayer la croyance selon laquelle le nombre de calories dépensées aurait un impact sur le taux de graisse corporelle.

Concernant l’impact de l’activité physique sur la régulation du poids, les experts de l’American Heart Association et l’American College of Sports Medecine ne purent qu’avancer ceci : « On peut raisonnablement affirmer qu’une personne ayant une dépense énergétique quotidienne relativement élevée est moins susceptible, à terme, de prendre du poids qu’une personne ayant une dépense énergétique faible. Cependant à ce jour, les données soutenant cette hypothèse ne sont pas particulièrement convaincantes.« 

Gary Taubes, Pourquoi on grossit


Et pourtant ce sont sur ces recommandations que les institutions se basent pour nous inciter à faire plus d’activités physiques quotidiennes.

Mais alors ce ne serait pas pour perdre du poids, mais plutôt pour prévenir la prise de poids ?


Quelle activité physique devons-nous pratiquer pour maintenir notre poids ?


En 2006, deux chercheurs finlandais, Paul Williams, de l’université de Berkeley en Californie, et Peter Wood, chercheur de l’université de Stanford, amassèrent des informations détaillées sur près de 13000 joggeurs réguliers. Ils comparèrent ensuite les distances parcourues par ces coureurs sur une semaine, et l’évolution de leur poids au fil des ans.

L’ensemble des coureurs avaient pris du poids d’une année sur l’autre. Même ceux qui parcouraient environ 13 km par jour, 5 fois par semaine.

Les deux chercheurs, tous deux convaincus par l’équilibre entre calories consommées et calories dépensées, ont conseillé aux hommes d’augmenter chaque année d’environ 3 km leur parcours hebdomadaire et aux femmes d’environ 5 km, s’ils voulaient rester sveltes.

Le journaliste scientifique américain, Gary Taubes, a fait le calcul.

Prenons une femme d’une vingtaine d’années qui court 5 km par jour, 5 fois par semaine. Il lui faudrait, à quarante ans, courir 24 km par jour afin de pouvoir conserver une silhouette élancée.

Admettons qu’elle mette 5 minutes pour effectuer 1 kilomètre, cette femme devra donc courir 2 heures par jour, 5 jours par semaine, pour espérer maintenir sa ligne!

Bonne chance…


La croyance d’une influence du sport sur notre poids repose en définitive sur une observation et une hypothèse


La croyance acquise selon laquelle plus nous dépensons de calories, plus nous sommes minces, repose en définitive sur une observation et une hypothèse.


L’observation


L’observation repose essentiellement sur le fait que les personnes minces sont souvent plus actives physiquement par rapport aux personnes en surpoids.

L’exactitude de cette observation semble indéniable.

En règle générale, les marathoniens ne sont pas en surpoids ni obèse. Mais ce que cette observation ne dit pas, c’est si ces coureurs à pied seraient plus gros s’ils ne couraient pas. Ni si le fait de passer tout son temps libre à faire du footing est susceptible de transformer un homme ou une femme souffrant de surpoids en un marathonien au corps fuselé.

Gary Taubes

Mais c’est pourtant sur cette hypothèque que l’on s’appuie pour prôner les vertus de l’activité physique en matière de brûlage de graisse.

Peut-on raisonnablement penser pouvoir augmenter notre dépense énergétique jour après jour ?


En augmentant son activité physique, en stimulant son appétit.


Une autre question se pose.

Peut-on sérieusement penser pouvoir passer de mode de vie sédentaire à un mode de vie actif, ou d’un mode de vie actif à un mode de vie encore plus actif, sans manger davantage ni voir son énergie baisser entre deux sessions d’activité physique ?

De nouveau la réponse est non

Que vous fassiez une randonnée, passiez l’aspirateur, jouiez au ping-pong ou fassiez du VTT, vous stimulez votre appétit.

Vous aurez davantage faim après l’exercice qu’avant.

Il est donc vraisemblable que nous consommions davantage de nourriture, et donc de calories, pour compenser cette dépense d’énergie.

Pourtant cette notion de stimulation de l’appétit semble avoir totalement été oubliée ou évincée de l’équation.

L’activité musculaire intensive entraîne généralement le besoin immédiat d’un repas consistant. Une dépense énergétique systématiquement élevée – ou systématiquement faible – entraîne un appétit systématiquement solide – ou systématiquement faible.

Hugo Rony de l’Université de Northwestern, en 1940


C’est pourquoi un homme ayant un travail très physique mangera spontanément plus que notre ayant une profession sédentaire.


En 1942, Louis Newburgh, médecin américain, calcula qu’un homme pesant 115 kg devait monter 20 étages à pied pour espérer consommer l’énergie apportée par une seule, malheureuse, tranche de pain.

Je préfère me passer de la tranche de pain…


L’hypothèse


Les personnes qui croient ou ont cru un jour qu’elles pouvaient mincir et rester mince grâce au sport le doivent à Jean Mayer, qui après avoir travaillé comme conseiller auprès de l’ Organisation mondiale de la santé et de l’ UNICEF , devint le nutritionniste le plus influent des États-Unis.

C’est Jean Mayer qui accusa le premier la sédentarité comme étant le facteur principal de l’augmentation de la prise de poids et des maladies chroniques qui l’accompagne.

Une croyance, par la suite, qui s’est considérablement répandue.

Pour Mayer, ses concitoyens américains étaient loin de pratiquer les mêmes efforts physiques que leurs ancêtres qui étaient occupés continuellement à des tâches physiquement très exigeantes.

Selon lui, les inventions modernes: de la tondeuse à gazon à la brosse à dents électrique, ne serviraient toutes qu’à nous rendre plus inerte et ainsi à diminuer le nombre de calories que nous dépensons.

« Le développement de l’obésité résulte en grande partie de manque de prévoyance d’une civilisation qui dépense chaque année des milliards en voitures tout en étant incapable de prévoir une piscine ou un cours de tennis dans les plans des lycées ».

Jean Mayer, en 1968


Même si Mayer admettait que l’appétit tend à augmenter avec l’activité physique, l’argument central de sa thèse était que ce n’est pas nécessairement le cas.

Pourtant aucun fait n’a jamais prouvé la pertinence de l’hypothèse de Mayer.

William Banting décrivit, dans son livre De l’obésité, ses nombreuses tentatives échouées pour perdre ses kilos superflus.

Un de ses amis médecin lui avait conseillé de pratiquer un exercice régulier pour maigrir :

« Chaque matin, je ramais pendant 2h et j’ai acquis bientôt une grande vigueur musculaire mais accompagné d’un appétit prodigieux, que je ne pouvais me défendre de satisfaire, la conséquence fut que j’augmentai considérablement en poids, et mon ami le médecin me conseilla de cesser ce régime. »

William Banting



Une activité physique régulière ne vous empêchera pas de prendre du poids.


Si depuis des décennies de recherches scientifiques, personne n’a pu valider que la pratique d’une activité physique avait une réelle action sur la perte de poids, ne serait-ce pas plus sensé de penser que cette croyance est tout simplement fausse ?

Si le fait d’augmenter notre dépense énergétique ne nous empêche pas de prendre du poids, je vous propose d’aller à la recherche de ce qui fonctionne vraiment.


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